La recherche photographique mise en œuvre dans les travaux personnels de Sophie Boisteau est traversée et marquée par différents éléments. Il y a cette omniprésence des lieux qui ont une grande importance et dans lesquels se jouent une expérience, une perception particulière du quotidien qui se rapproche de ce que Georges Pérec nommait l’infra-ordinaire. Il y a par ailleurs cette oscillation entre le portrait et le paysage ; qu’est-ce que le portrait dit de la personne ? Le portrait peut-il être un paysage ? Comment faire le portrait d’un lieu, le paysage d’un corps ou d’un visage ?

Cette recherche n’est pas que plastique et se matérialise dans la rédaction d’un mémoire théorique intitulé « Regard Subjectif : la Photographie de Paysage Contemporaine Française (de la Mission Photographique de la DATAR à nos jours) ». Il pose la question de la subjectivité, celle du regard français par son héritage culturel fort en matière de paysage, mais aussi celle de la subjectivité intrinsèque du paysage et de la photographie qui sont toutes deux des images mentales, des constructions subjectives, des pensées.